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Storie - Histories

Journal d’un voyageur temporel.

Giovanni Curcio

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Habituellement, j’aborde dans ce blog les riches terroirs dont regorge le monde comme Barbaresco ou Barolo, les vins californiens et d’autres vont suivre bien entendu. 

Ce matin, alors que je m’apprêtais à poursuivre sur les terres de Barolo, j’ai fait un bref zapping dans l’actualité du Blog Dagospia.it.

Cette chronique évoquait la polémique entre la commune d’Amatrice (ville qui a subi un tremblement de terre en 2016) et Charli Hebdo. En effet, le journal satirique a publié un dessin se moquant de la construction de maisons italiennes par la mafia.

Le paragraphe se terminait en disant que le tribunal de Paris s’était mis d’accord avec les journalistes plutôt qu’avec le maire d’Amatrice. Pour me faire mon avis (que je partage avec le journal), je l’ai lu et l’accusation d’une politique entièrement italienne des années 80 et 90 était claire.

C’étaient les années de spéculations, de super construction, de tangentopoli, d’une Italie qui semblait très riche et qui apparaît aujourd’hui plus pauvre.

Ce sont aussi les années du président du Conseil des ministres Berlusconi qui a inspiré (ce qui nous intéresse le plus) un vin culte: Barolo Bartolo Mascarello, ou No Barrique no Berlusconi.

Cette étiquette est entrée dans l’histoire comme une simple protestation politique. Mascarello, toujours qualifié de communiste, n’a pas échappé aux critiques de ceux qui, dans ces années-là, voulaient la révolution libérale, ou plutôt être dirigés par un milliardaire.

Alors, on a dit que la critique symbolisait le conflit entre deux manières de faire du vin à Barolo, mais il s’est avéré que la division s’étendait partout en Italie.

Depuis quelques décennies, les Sassicaia, les super-toscans étaient nés et dans le Piémont, des vignerons comme Elio Altare, Chiara Boschis, Roberto Voerzio ont détruit les fûts dans lesquels ils affinaient leurs vins, austères, qui tardaient à être mis sur le marché. Mais surtout, ces vins ont fait l’objet de critiques insupportables à l’époque: que les barolos avaient besoin de vieillir longtemps et, pire encore pour eux, qu’ils ne se buvaient qu’en de rares occasions.

Avec tout cela, il est clair que si vous êtes jeune, avec peu de moyens, vendre quelques bouteilles pour des occasions spéciales n’était pas durable.

Une guerre à la fois littéraire et journalistique est née, qui a duré  et qui a fait couler beaucoup d’encre dans la presse, mais aussi pour certains tribunaux.

Tignanello et Sassicaia avaient fait place à des vins tels que Solare, Solaia, Luce, Masseto. La relation entre le DOC et le DOCG (l’AOC français) et les vignerons  a finalement été violée.

Désormais, le tabou qui liait les hommes et leurs vies aux statuts et lois archaïques était révolu.

L’Italie évolua et compris qu’au-delà de la poésie, le commerce des vins avait son importance. 

Ce fut également des années au cours desquelles, les critiques ont principalement discuté de la méthode et non du territoire. Les consommateurs étaient partagés entre ceux qui aimaient les vins de Borgogno (vieillis en très gros fûts) de Mascarello, de Renato Ratti (l’un des créateurs de la carte Barolo) ou du très moderne Barolo Boys (définit dans un film californien) .

Il y avait ceux qui prétendaient que cette division était  piémontaise et qu’en Toscane. Gross modo, tout le monde faisait ce qu’il voulait parce que le marché et la critique, du vin, qui comptaient à l’époque étaient en Amérique.

Bien sûr, l’Amérique était bon payeur. 

Des années de discussions qui semblent aujourd’hui inutiles et superficielles.

Évidemment, sans ces événements nous n’aurions jamais pu expérimenter la barrique, faire des vins harmonieux et équilibrés déjà sur le marché, plutôt qu’après 10 ou 15 ans. Nous n’aurions pas pu améliorer nos raisins comme le Barbera ou le Freisa plutôt que le Colorino, qui étaient considérés comme des cépages mineurs.

L’Italie les avait découvert, sans oublier le Cabernet, le Merlot, le Chardonnay et le Sauvignon.

Après cela, le monde avait décelé que le Sangiovese (Atlas Peak Antinori ouvre son domaine Antica), la Barbera et le Nebbiolo était produit en Californie comme au Mexique.

http://www.giovannicurcio.com/stags-leap-et-atlas-peak/

Il est bien vrai que la critique de la méthode plutôt que du territoire fut éprouvante, mais certainement nécessaire.

Giovanni Curcio

adaptation par Mathias di Lauro Sanseverino

Sommelier au restaurant Lucas Carton à Paris. Ses passions: le vin, la viticulture, les voyages dans les vignobles et la gèographie des vignes; ...ah oui, les cèpages!

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